Trégunc étend ses 7 100 habitants sur un large territoire entre Concarneau et l'Aven, avec une côte découpée de Pouldohan à Trévignon et un arrière-pays de hameaux. La commune est connue pour ses pierres debout et pour un sous-sol granitique affleurant qui explique beaucoup de choses. Nous intervenons à 25 minutes de notre atelier quimpérois. Ici, le bâti traditionnel est massif, en moellons de granite hourdés à la terre, et il se comporte face à l'eau autrement qu'une construction récente.
Un mur de granite de 60 centimètres d'épaisseur n'est pas étanche : il absorbe l'eau et la restitue, à condition qu'on le laisse faire. Le drame des rénovations tréguncoises des années 1980 et 1990 tient là. Enduits ciment à l'extérieur, plaques de plâtre sur ossature à l'intérieur, isolant en polystyrène collé : l'eau entre toujours mais ne sort plus, elle stagne et fait éclater les parements. Nous commençons souvent par une dépose, avant tout traitement, et nous reprenons en enduit à la chaux, perméable à la vapeur.
Le sel s'ajoute à cela sur la frange côtière, de Kersidan à Trévignon. Les embruns portés par les vents dominants de sud-ouest chargent les façades exposées en chlorures qui retiennent l'humidité de l'air. Les cristaux blancs qui apparaissent au bas des murs ne sont pas du salpêtre de nitrate classique, et un simple lavage les fait revenir. Le protocole est le même que sur le littoral concarnois : brossage, neutralisant de sels en deux passes, enduit d'assainissement.
Dans les hameaux de l'intérieur, vers Saint-Philibert, ce sont les remontées capillaires franches qui dominent, avec leur auréole horizontale et leurs plâtres pulvérulents, plus les dépendances reconverties sans aucune protection au sol. L'injection d'une barrière de résine, le séchage, puis la chaux, dans cet ordre. Notre visite de diagnostic est gratuite et sert d'abord à savoir ce qui est en cause : à Trégunc, la mauvaise rénovation précédente fait partie du problème au moins une fois sur trois.