Rosporden et ses 7 550 habitants se sont installés autour d'un étang qui traverse la ville et donne naissance à l'Aven. La commune, agrandie de Kernével en 1974, mêle un centre de maisons de bourg, un quartier de gare hérité du chemin de fer et une campagne de longères et de fermes. Nous y venons depuis Quimper en vingt-cinq minutes par la RN165. La présence permanente d'une lame d'eau en plein centre, à faible dénivelé, oriente d'emblée le diagnostic.
Autour de l'étang, la nappe est haute toute l'année et remonte encore l'hiver. Les maisons du centre, montées en moellons de granite sans arase étanche, pompent cette eau par leurs fondations. Le désordre est reconnaissable : une auréole horizontale nette entre 60 et 110 centimètres, des plinthes décollées, une odeur de cave dans la pièce du bas. L'injection d'une barrière de résine sous le premier rang de pierres coupe l'ascension, et la reprise des enduits en chaux permet au mur de rendre l'eau qu'il contient encore.
À Kernével et dans la campagne, les longères et les corps de ferme posent un problème différent : le terrain. Les sols limoneux du secteur retiennent l'eau et le ruissellement des parcelles agricoles vient buter contre les murs en contrebas. Nous y posons régulièrement des drains périphériques sur gravier et géotextile, avec un exutoire vers le fossé quand la pente le permet. Sans cette mise hors d'eau du pied de mur, une injection travaillerait contre une pression permanente.
Le quartier de la gare a sa signature propre : des maisons de cheminots des années 1930, briques et granite, aux caves semi-enterrées transformées en buanderie ou en atelier. Ces pièces se mettent à condenser dès qu'on y installe un lave-linge et un sèche-linge sans aération. Nous commençons toujours par mesurer l'hygrométrie de l'air et l'humidité des murs. À Rosporden comme ailleurs, il arrive que la bonne réponse coûte quelques centaines d'euros, et nous le disons plutôt que de vendre une injection.