Capitale du pays bigouden, Pont-l'Abbé et ses 8 500 habitants sont bâtis sur un étranglement : la rivière descend de l'étang, passe sous le pont et s'ouvre en ria vers Loctudy. Le centre-ville se serre entre les deux plans d'eau, à quelques mètres seulement au-dessus du niveau des plus hautes eaux. Nous intervenons ici depuis Quimper, à vingt minutes par la RD785. Cette géographie explique la quasi-totalité des désordres que nous relevons dans le bâti ancien du centre.
Les maisons de ville des rues du centre, Jean Jaurès, du Château, ont un rez-de-chaussée souvent surbaissé et des murs mitoyens en granite posés à même le sol. La nappe suit le niveau de la rivière et monte avec les précipitations d'hiver. L'eau grimpe alors dans les maçonneries par capillarité, dégrade les enduits jusqu'à un mètre de hauteur et laisse du salpêtre derrière les meubles. Nous injectons une barrière de résine au pied des murs, y compris dans les mitoyens, puis reprenons le bas des parois en enduit d'assainissement.
Les caves et sous-sols du bord de l'étang demandent davantage. Quand le niveau extérieur dépasse celui du sol intérieur, aucune barrière capillaire ne suffit : il faut mettre la pièce en cuve. Le cuvelage hydrofuge, appliqué sur murs et sol après traitement des points d'entrée, complété d'une pompe de relevage dans un regard, tient là où les produits d'étanchéité vendus en grande surface se décollent au premier hiver. Nous posons des témoins avant chantier pour savoir jusqu'où l'eau monte réellement.
Le quartier de Lambour et les lotissements de Kervilon posent des questions plus banales, remontées sur murs de soubassement et condensation dans les salles d'eau, mais une particularité bigoudène revient souvent : les penty rénovés dont on a bouché les anciennes aérations pour gagner en chauffage. L'air ne circule plus, la vapeur reste, les angles noircissent. Notre diagnostic gratuit mesure l'hygrométrie avant de conclure, et il arrive que la solution la moins coûteuse soit la bonne.