Landerneau, 16 400 habitants, s'est bâtie de part et d'autre de l'Élorn, à l'endroit où la rivière devient estuaire. Son pont de Rohan, l'un des derniers ponts habités d'Europe, dit tout du rapport de la ville à l'eau. Nous y intervenons à 52 kilomètres de Quimper, sur rendez-vous. La marée remonte jusqu'au pont, ce qui donne au niveau d'eau une variation quotidienne que l'on retrouve dans les caves du centre.
Les maisons de ville des quais et des rues basses ont des caves et des rez-de-chaussée dont le sol se situe au niveau ou sous le niveau des plus hautes eaux. Une barrière capillaire n'a aucun effet dans cette situation : l'eau ne monte pas seulement par les pierres, elle pousse par le sol et par les jonctions. La réponse est un cuvelage hydrofuge appliqué après traitement des points d'entrée, complété d'une pompe de relevage dans un regard lorsque la mise en charge est saisonnière.
Sur les niveaux au-dessus, le bâti ancien en moellons de granite et de kersanton présente les remontées capillaires habituelles, avec une nuance locale : les rez-de-chaussée commerciaux du centre ont presque tous reçu des enduits ciment et des peintures filmogènes qui retiennent l'eau dans le mur. Notre travail commence alors par la dépose de ces revêtements, puis l'injection d'une barrière de résine et une reprise en enduit d'assainissement, respirant.
Les coteaux de Saint-Thomas et les quartiers en pente posent la question du ruissellement. L'eau de pluie dévale vers la rivière et bute contre les maisons construites en contrebas, chargeant les murs enterrés et les sous-sols. Un drainage périphérique soulage durablement la maçonnerie quand l'accès le permet. Notre diagnostic gratuit établit d'abord le niveau d'eau réel, au besoin avec des témoins posés quelques semaines : à Landerneau, se tromper sur ce point conduit à un traitement qui ne tiendra pas un hiver.